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Tatiana Țîbuleac, écrivaine: “Les gens pensent que si quelqu’un part, il doit avoir un endroit qu’il appelle maison. Dans ma tête, ça n’a jamais été comme ça.”

photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

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ROMÂNĂ

Tatiana Țîbuleac est née en République de Moldavie, est roumaine, épouse d’un citoyen anglo-suisse et vit à Paris depuis 13 ans. À travers ses livres, elle a prouvé, plus que tout autre passeport, qu’elle est un auteur complexe, capable de donner la parole à des personnages issus de différents coins d’Europe.

En 2019, sa carrière d’écrivain, totalement imprévue, a pris un tournant surprenant pour elle-même. Elle a remporté le prix de littérature de l’Union européenne avec son roman Le Jardin de verre, avec “Roumanie” écrit à côté de son nom.

“Je suis roumaine. Je me présente comme un écrivain roumain. Je suis originaire de Moldavie, mais partout où je vais avec mes livres, je me présente comme une écrivaine roumaine. Cela me semble normal. Je ne crois pas à cette ségrégation. Les écrivains de Bessarabie ont toujours voulu faire partie de la littérature roumaine.”

Et Tatiana Țîbuleac a réussi à le faire sans même essayer. Elle n’a jamais vécu en Roumanie, mais elle écrit en roumain et essaie de transmettre la langue à ses enfants, nés et élevés dans la capitale française. 

“Mes enfants parlent quatre langues – anglais, français, roumain et russe. J’aime qu’ils ont découvert la lecture en roumain et je pense que c’est déjà bien.

J’ai eu l’ambition de ne pas avoir toutes sortes de citoyennetés, j’aurais pu avoir la citoyenneté britannique et suisse, car mon mari est Britannique et Suisse. Mais finalement je suis Roumaine à Paris.

De nombreux Roumains essaient de couper tous les liens. Chez moi ça n’a pas été le cas. Peut-être que mon désir de venir en Roumanie depuis la Bessarabie était si fort que je dis fièrement que je suis roumaine. C’est une petite déclaration d’amour de ma part, je crois.”

Tatiana Țîbuleac la Atelierul Brâncuși, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Atelier Brancusi, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

Tatiana est née à Chișinău, en 1978. Ses deux parents ont travaillé dans la presse, son père comme journaliste, sa mère comme correctrice dans un journal. Et leur fille à marché dans leur pas, même si le père aurait souhaité pour elle un chemin plus sécurisant, en droit ou médecine.

“J’ai toujours aimé ce que mon père faisait, mais à l’époque, le journalisme était beaucoup plus difficile à faire que ce que je faisais. Il me disait que je mourrais de froid, que je dormirais dans des greniers. À l’époque, on dormait dans le grenier du patron et on faisait des reportages à la ferme, à l’école, à la crèche.

Et j’ai finalement choisi le journalisme. J’ai eu la chance d’avoir de bonnes années, j’ai énormément aimé. Mon seul problème est intervenu quand je me suis dirigée vers la télévision et j’ai dû présenter les infos. Ça, cela ne m’a pas plu.”

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

Elle travaille 3 ans dans la presse écrite, puis elle devient membre de la rédaction de PRO TV Chisinau, la première chaîne de télévision commerciale et indépendante de Moldavie. Elle y est reporter, rédactrice et présentatrice du journal télévisé.

“J’ai réalisé mes premiers reportages sur les migrants moldaves en Italie. Je me souviens avoir rencontré des gens qui avaient dormi pendant six mois attachés dans un arbre en Italie, parce qu’ils ne pouvaient pas rester en bas de peur d’être pris par la police.

Ce sont des moments émouvants pour moi et je pense que c’est là que j’ai appris à écouter les gens.”

“Pour moi, le journalisme a été une très bonne école et je n’ai jamais regretté d’avoir eu ces années-là. Je crois que je n’aurais jamais quitté le journalisme si je n’étais pas parti dans un autre pays.”

Après la presse, elle travaille avec l’UNICEF et découvre des personnes dans différents pays qui ont ouvert des horizons. Elle rencontre son mari et s’installe à Paris avec lui.

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

“Je me suis toujours sentie comme étrangère à Paris. J’ai une relation difficile avec Paris et je ne sais pas pourquoi, car c’est une ville magnifique.

Mais il y a des endroits où vous ne pouvez pas ou ne voulez pas vous intégrer. D’un autre côté, c’est exactement ce qui m’a permis de me sentir très à l’aise à Paris. Je ne me suis jamais vraiment demandé comment les Français me regarderont, si je suis l’une des leurs, si je ne suis pas l’une des leurs.”

“Aujourd’hui je suis là, demain je n’y serai plus, je prends le meilleur aujourd’hui. Maintenant, je me sens très à l’aise en France.”

Elle ne savait pas non plus que ses errances dans les rues parisiennes lui ouvriraient le chemin vers la littérature.

“Je n’ai jamais ressenti le besoin d’écrire de la littérature. Vous ne pouvez pas ressentir le besoin d’écrire quand vous écrivez déjà toute la journée. Ma journée de travail commençait parfois à 6 heures du matin et se terminait à 11 heures du soir.

Toute la journée, j’écrivais ou je rédigeais des textes, je ne sais pas comment je pourrais commencer à écrire un livre à la maison alors que je suis rentrée pour dormir, regarder un film, me reposer, faire autre chose qu’écrire.

L’écriture a commencé dans cette rue.”

Tatiana Țîbuleac și Alexandra Tănăsescu, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac et Alexandra Tănăsescu, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

C’est rue Montorgueil, au cœur du premier arrondissement de Paris, que naissent ses premiers textes, très différents de ce qu’elle avait expérimenté dans la presse. Dans un quartier animé, plein de cafés et de boutiques parisiennes, à quelques pas du Centre Pompidou et de l’Atelier Brâncuși

“J’ai commencé à parler avec la fleuriste et elle avait une histoire tellement belle que j’ai pensé que je devrais faire quelque chose avec. J’ai donc commencé à écrire des choses très courtes sur Facebook. Environ 10 lignes que j’ai dénommé fables modernes. C’était comme un jeu.

Et tant de gens l’ont lu, que j’ai continué à écrire ces fables modernes. Puis un portail a créé une rubrique permanente avec des “fables modernes”, et quelqu’un de ce site m’a dit qu’il fallait en faire un livre. C’est comme ça que j’ai commencé à écrire.

C’est à ce moment-là que le passage de l’écriture journalistique à l’écriture littéraire s’est produit, même si ce n’était pas encore de la littérature. Je les appelais des fables parce qu’elles avaient une sorte de morale à la fin.

J’ai écrit sur beaucoup de gens dans ce quartier. Maintenant, les choses ont changé.”

Tatiana Țîbuleac și Alexandra Tănăsescu, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac et Alexandra Tănăsescu, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

Le magasin de fleurs a fermé et Tatiana est devenue un auteur de renommée internationale.

“Avec les Fables modernes j’ai commencé à recevoir des milliers de messages, plus que maintenant, alors que j’ai publié deux livres. Les gens s’identifiaient au thème, ils m’envoyaient des histoires, ils voulaient apparaître dans les Fables Modernes.

Je me sentais un peu comme un imposteur, parce que tout le monde disait “oh, vous êtes une femme si bonne, si douce !”, et je ne suis ni bonne, ni douce. C’était une mauvaise image de moi.

Il y avait trop de gentillesse autour de moi et je ne pouvais pas faire face. C’était comme si je voulais leur dire que je ne suis pas comme ça, ne m’écrivez plus, vous allez m’agacer.

Et je pense que c’est exactement comme ça que l’Été (L’été où maman a eu les yeux verts, paru en français aux éditions des Syrtes en 2018), mon premier livre, est né. Parce que l’Été, c’est tout le contraire. Je suppose que je voulais montrer que je suis différente. L’écriture dans l’Été me représente. Je suis l’Été. Je suis cette femme, je suis ce garçon, je suis comme ça.

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

L’Été est paru après des vacances passées avec mes parents. Ils sont venus en France, les enfants étaient petits et nous sommes partis avec eux, leur montrer un peu le pays.

Nous sommes allés exactement dans les lieux décrits dans ce livre. Et moi, ayant une relation compliquée avec mon père presque toute ma vie, en le voyant jouer avec ma fille, j’ai senti pour la première fois que je lui avais, d’une certaine façon, pardonné. Mon père m’a semblé beau, intéressant, chose que je n’avais pas observé auparavant, car nous nous disputions souvent.

J’avais commencé à écrire des histoires sur un blog à l’époque et à mon retour à la maison j’ai commencé à écrire une histoire qui a été la base du personnage de la mère dans le livre. C’était à propos d’une mère juive que j’ai rencontrée dans un hôtel et qui était mourante. On a passé quelques jours ensemble, je lui ai parlé. Nous avions passé du temps à l’hôtel où elle était venue avec ses enfants. Elle avait le crâne rasé.

Quand je suis rentrée à la maison, j’ai commencé à écrire son histoire. Mais j’ai vu que ce que je voulais écrire n’était pas terminé et que c’était plus qu’un billet de blog, plus qu’une histoire. J’ai commencé à écrire tous les jours, j’avais cette voix masculine dont je ne savais pas quoi faire et j’ai continué à l’utiliser.

Je l’ai écrit en moins de deux mois. L’éditeur Gheorghe Erizanu de Moldavie, avec qui nous sommes amis, est venu nous rendre visite. Et il m’a demandé si j’écrivais.

Et je lui ai dit : “Je suis en train d’écrire quelque chose, mais c’est bizarre, je ne sais pas qui pourra le lire. On n’a jamais rien écrit de tel en Moldavie, une histoire où l’enfant n’aime pas sa mère, où il y a beaucoup de haine.” Il m’a dit de le lui envoyer. Je l’ai envoyé un jeudi et le lundi il m’a dit qu’il le préparait pour l’impression.”

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

L’Été où maman avait les yeux verts a reçu en 2018 le prix culturel de l’Observateur pour la prose et le prix FILIT. Il s’est ensuite fait connaître au niveau européen après sa première traduction, en espagnol.

“Avec ce livre, j’ai eu une relation compliquée. Je l’ai détesté. Il me semblait que personne ne voulait le voir. Mais j’ai fini par l’accepter et maintenant je pense qu’il y manque un peu de gentillesse.

Maintenant, c’est le contraire. Tout le monde me pose des questions sur les crises, la maladie, la mort, la dépression. Maintenant, je suis à l’autre extrême.

Pourtant, dans l’Été, j’ai été, d’une certaine façon, Tatiana de Paris. J’ai nié dans ce roman tout ce que signifie la Bessarabie, notre région, la Roumanie. Dans l’Été je suis la nana cosmopolite qui vit à Paris, qui a des relations en Angleterre, qui connaît des galeries, des peintres, car c’est ça que je suis.

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

On me demande souvent pourquoi j’ai choisi d’écrire sur deux Polonais et non sur deux Roumains ou deux Moldaves. Je me suis posé les mêmes questions. Et je pense que ce fut ainsi que parut Le jardin…. Dans ce roman j’ai pris ma revanche, je  suis retournée à Chișinău, à Botanica, mon quartier.”

Le roman Le jardin de verre a confirmé le succès de Tatiana Țibuleac, autant en Roumanie que dans le reste de l’Europe ou en Amérique du Sud. Il a été écrit, comme l’Été, en roumain, la langue étant un personnage en soi, tant dans le livre que dans la vie de Tatiana, à Chișinău.

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

“Je crois que Le jardin était depuis toujours dans ma tête, il était en moi. Avec Le jardin j’ai eu ce dilemme, écrire ou ne pas écrire en russe. Parce qu’il y avait énormément des choses dans ma tête qui sonnaient en russe, le russe étant, d’une certaine façon, la langue de mon enfance, la langue de la ville et le livre était un livre sur la ville, sur Chisinau.

Mais j’ai finalement choisi d’écrire en roumain et je suis contente d’avoir fait ce choix, car l’histoire est celle de la langue roumaine, et non de la langue russe.

Lorsque j’ai écrit ce livre, il m’a semblé que c’était un moment de réconciliation entre ces deux langues. Maintenant, je devrais le relire, pour voir comment je m’y retrouve, car les choses ont changé.

Mon père était beaucoup plus russophobe que moi. Ceci fut une des raisons de nos disputes. Il s’est totalement éloigné de la langue russe lorsque nous sommes passés à l’orthographe latine. Il se sentait roumain et rêvait d’une union avec la Roumanie. Après que nous sommes passés à l’orthographe latine, il n’a plus jamais touché à la littérature russe. Il a fait à l’époque ce que beaucoup de gens font maintenant pendant la guerre.

Dans mon cas, il m’était difficile de me détacher complètement de la langue russe parce que j’ai grandi dans une cour russe, et il ne comprenait pas pourquoi je n’avais pas cette haine brûlante de tout ce qui était russe. Cela peut paraître bizarre de se battre pour une langue, mais il y a eu de nombreux cas, nous n’étions pas la seule famille.”

Entre-temps, son père est décédé et Tatiana a depuis longtemps quitté Chisinau. L’histoire de sa famille et de la région où elle est née la hante cependant toujours, car la guerre en Ukraine a des ramifications émotionnelles profondes.

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

“Notre nom est ukrainien, nous avons de la famille en Ukraine. Ma mère vit à Chisinau. Je n’aurais jamais cru voir la Russie tuer des enfants en Ukraine, étant donné les liens historiques. Mais c’est ce qui se passe.

Le premier mois de la guerre, nous étions paralysés.

Pour les Bessarabiens, la guerre est différente. Les gens entendent des grondements, ils ont des enfants à l’école, ils ont des maisons de vacances, des amis qui sont venus chez eux à Chisinau parce qu’ils n’ont nulle part où s’abriter.

Pour nous cette guerre est beaucoup plus grave. Et ce n’est pas fini. J’ai de la peine en voyant que certains pensent que c’est fini ou que le conflit s’est atténué.

Je comprends que nous reprenions nos vies, parce qu’on ne peut pas toujours vivre avec le malheur des autres, mais la semaine dernière, Kiev a encore été bombardée, et la nouvelle ne fait même plus la une des journaux.

Les gens sont en vacances, l’Europe est en vacances. Mais la guerre continue.

J’ai peur que les tanks entrent à Chisinau, où vit ma mère. Je crains que nous ne soyons simplement témoins d’une guerre en ligne et que nous ne fassions pas assez. Je ne peux pas comprendre comment une telle guerre est possible de nos jours. Personne ne peut l’arrêter.”

Au début de la guerre, Tatiana a accueilli des réfugiés ukrainiens dans sa maison parisienne et a compris pour la première fois le passé de sa propre famille. 

“Il s’agissait de renouer avec le passé de mes grands-parents, qui ont également été déportés, et plus que n’importe quel voyage en Sibérie, ces mois m’ont fait prendre conscience de ce que signifie réellement de quitter la maison avec un sac, avec un enfant non chaussé et fuir. Ces histoires ont commencé à prendre une forme différente pour moi. Ma mère est née dans le goulag, en Sibérie.”

Elle n’a rien écrit pendant tout ce temps, et elle ne pense pas que l’art doive répondre à des thèmes actuels, mais simplement être un acte intime que l’on peut avoir envie ou non de faire.

D’ailleurs, elle ne cherche pas nécessairement à poursuivre sa carrière d’écrivain, mais s’attend à ce que les choses se fassent naturellement, comme elles l’ont fait jusqu’à présent.

 “Si j’écris un autre livre, c’est bon, sinon, c’est bon aussi. Je ne veux pas être liée à l’écriture. Je veux croire que je peux faire d’autres choses.”

Elle n’habite plus le quartier situé au centre de Paris, elle a une vie de famille tranquille, en dehors de la ville, où elle adore jardiner et dédier son temps aux enfants.

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

“La maison est là où se trouve la famille, je crois. Mais je sens que je vais encore changer de place”.

Elle fait partie d’une communauté internationale plutôt que d’une communauté française et a une perspective réaliste sur le pays où elle vit.

“Tous les Français ne vivent pas comme de riches parisiens. Il y a des régions très pauvres en France.

Ce mythe selon lequel tout le monde en France mange des croissants le matin est faux.

Il y a des familles qui gagnent le même salaire que les familles de la classe moyenne en Roumanie.

Je n’ai pas encore ressenti l’adversité de certains Français envers les immigrés, mais elle existe. Ici, nous sommes dans une zone plus ouverte, où cela se ressent moins, mais l’extrême droite était sur toutes les lèvres lors des dernières élections. Ça m’effraie beaucoup. Je suis une immigrée et je fais partie d’une communauté d’immigrés.

Ayant un héritage anglais dans ma famille, j’ai vu ce qui s’est passé avec le Brexit alors que personne ne pensait que cela arriverait. Quand tu parlais aux gens, personne ne déclarait qu’il allait voter pour le Brexit, mais finalement le Brexit est passé.”

Lorsqu’elle ne se consacre pas à sa famille, l’écrivaine roumaine voyage beaucoup pour promouvoir ses livres. Elle suit de près la littérature roumaine contemporaine, mais dit : “Je suis moins bien lotie en ce qui concerne les relations avec les écrivains, c’est comme un mur.”.

Elle aimerait que les Roumains apprécient plus les performances de leurs compatriotes et ne plus se faire du mal entre eux.

Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ foto: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă
Tatiana Țîbuleac, Paris 2022/ photo: Bogdan Iordache/ Cultura la dubă

Elle regarde avec scepticisme le monde dans lequel nous vivons, notamment à la lumière de la terrible guerre qui est en cours, mais parvient à voir des lueurs d’espoir chez les gens ordinaires.

“Je ne suis jamais optimiste, bien au contraire. Mais je crois que l’optimisme peut être aidé par des gestes de solidarité, une miche de pain frais, un manteau.”

“Je ne pense pas qu’on puisse vivre en dehors de la communauté.

Je vois toujours la bonté dans les gens. Je vois beaucoup de bonnes personnes en ce moment. Je n’aime vraiment pas les discussions qui remettent en cause les bons gestes. Tant que le geste est fait, relations publiques ou autre, c’est bien qu’il soit fait.

Je pense que la bonté des gens fait surface de temps en temps.”

***Le texte fait partie de la série “La semaine de la France “, un projet réalisé par Cultura la dubă, soutenu par BNP Paribas.

La traduction en langue française, offerte par l’Institut Culturel Roumain de Paris, a été réalisée par Iulia Badea-Guéritée avec l’aide de François Deweer.


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